Troc talons contre pile de repassage

Publié le: 17 novembre 2017 by Marie LAUNAY

Hier soir, mon Julien m’a préparé une soirée en amoureux … « On laisse les filles chez mes parents » m’a-t’il forcé à entendre et me voilà perchée sur ses talons retrouvés au fond du garage et dépoussiérés de cette « vie d’avant ». Cette vie d’avant où autant de centimètres, sûrement soutenus par quelques shots de tequila, ne m’empêchaient pas de franchir bitumes, pelouses et parquets pendant de longues nuits blanches. Cette vie d’avant, teintée de projecteurs sur les dance floors londoniens ou bordelais en train de planifier un nouvel aller-retour pour New York. Cette vie d’avant où 20h les soirs de semaine n’était pas devenue l’heure du coucher mais celle du long essayage de tenues d’avant soirée.

Hier soir, mon Julien m’a préparé une soirée en amoureux… et tous ces souvenirs sont revenus au galop le temps de quelques secondes vite interrompues par un « on fait un cruc rigolo maman? ». Le marathon recommençait. 20h, hier soir c’était l’heure du resto, mais pour cela il fallait donner les bains aux filles, préparer leur sac pour la nuit, le cartable de la grande pour le lendemain, les biberons de la petite, les emmener chez les beaux-parents, leur dresser la longue liste de choses à ne surtout pas oublier et d’horaires à surtout respecter – oui oui ta mère a eu quatre enfants, mais c’était il y a un bout de temps quand même…- et me préparer… une nouvelle tâche dans ce planning quotidien super chargé ! Alors j’ai déniché rapidement au fond du placard LA robe que j’arrive encore à enfiler, laissant les autres en quarantaine pour encore quelques mois et dépoussiéré ces talons « croc jolis » que ma fille ne me connaissait pas.

Hier soir, mon Julien m’a préparé une soirée en amoureux … et on s’est retrouvés tous les deux comme « avant » à parler de la vie et de combien on s’aimait. En fait non, on s’est retrouvés mais pas comme avant. On s’est retrouvé à parler de NOTRE vie, des frasques de Maïa à l’école, des premiers éclats de rire de Norah, conversations entrecoupées de demandes non négociables de « tu écris à tes parents pour savoir si elles ont bien mangé? » « tu penses qu’elles sont couchées? » et de « j’espère que Maïa ne les fait pas tourner en bourrique et que ta mère a bien pensé à changer la couche de Norah » . On s’est retrouvés à parler de combien on s’aime inconditionnellement tous les QUATRE.

Et ce matin, retour avec ELLES. Retour à cette course effrénée, ces horaires malmenés et ces 7 bisous et 2 ou 3 derniers câlins à l’école avant la quitter. Retour dans cette maison mal rangée, avec cette vaisselle qui déborde à nettoyer et les gazouillis de mon bébé. Retour à ces douches prises à moitié, à ce vernis à ongles que je n’ai jamais le temps de poser et la joie de ces deux sœurs de se retrouver pour le goûter.
Retour à cette nouvelle vie de maman au foyer qui malgré mon bac+5 n’est pas toujours facile à gérer, qui est le job le plus difficile que je n’ai jamais réussi à assurer, mais qui me rend tellement fière en découvrant mes filles grandir et s’émerveiller …

Certains diront que je suis feignante- ceux qui n’ont sûrement pas d’enfants ou alors qu’ils me donnent la recette!-, d’autres que je suis complètement folle -sûrement un grain de folie quelque part que j’assume pleinement- , les grandes féministes (que j’ai été et que je reste quand même) me jetteront la pierre en critiquant ce côté old school qui laisse mon mari travailler pour m’occuper des enfants… mais le principal n’est-il pas d’être en accord avec soi-même? Pour combien de temps? La vie me le dira et de nouvelles aventures recommenceront…
Mais aujourd’hui OUI je troque sans hésiter mes talons contre la pile de repassage….

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