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« T’es jolie maman »

Publié le: 9 octobre 2018 by Marie LAUNAY

Tu ne les vois pas toi, les vergetures translucides qui me cisaillent le ventre.

Tu ne les vois pas toi, ces cernes de sursauts nocturnes et le reste de vernis sur mes mains négligentes.

Tu ne la vois pas toi, cette ride au coin de l’oeil et et ce corps en orbite qui vous a porté.

Toi, tu ne vois que ce vieux collier que je viens de me passer autour du cou,

ou cette jupe dans laquelle j’ai été moi même surprise de pouvoir encore entrer.

Et de toute ta spontanéité tu m’as rendue belle par tes mots sans tabou,

alors même que je pensais que cela ne m’était plus donné.

 

La maternité a clairement changé notre façon de vivre et notre façon d’être.

On a mis des sécurités aux prises et on passe notre temps à chercher cette foutue clé qui ne cesse de disparaitre.

On a appris à s’asseoir à table pour manger et à ne plus jamais voyager sans coffre de toit,

A augmenter notre budget courses, et, sur le dancefloor, à réduire de 60 %  nos pas.

Les soirées sont toujours trop tard et les lendemains toujours trop tôt.

Et quand on se laisse tenter et qu’il faut assumer, on est obligé d’épeler nos gros mots.

 

Nos seuls mots à la bouche sont : crèche, horaire et associations de parents élèves.

On a banni d’autres mots comme mac do, resto, mojitos, boîte et ciné.

Notre grenier déborde de poussettes et de berceaux et supplie à ce qu’on l’allège,

Notre canapé a retrouvé une seconde jeunesse à coup de feutres et de banane écrasée.

 

Mais le plus difficile est ce changement sur nos corps. Ton père dit qu’il s’est enrobé avec ses couvades.

Mais il a du remarquer que j’ai délaissé ces strings au profit de culottes confortables et fades.

Il est si difficile de trouver des soutiens gorges à la taille indéfinie

Pour ce corps en mouvance à chaque stade de la vie.

Vous savez, votre père a eu l’interdiction formelle de les toucher,

ces seins allaitants, mais aussi maltraités ;

je la ressens encore cette souffrance pour nourrir mon enfant,

et cette surprenante omerta des contractions d’après, qui durent bien trop longtemps.

 

Ce corps post partum, qu’il a fallu réapprendre à aimer, si il ne l’a jamais été

Ils n’en parlent jamais dans les sitcoms de ces sutures à soigner après avoir accouché.

 

Tu te rappelles de ce piercing au nombril? Finalement merde j’étais plutôt bien foutue.

Tu ne le sais pas, toi qui parfois pose ta main sur ce ventre pour me demander si j’ai encore un bébé

Je ne t’en veux pas ma fille, à une époque ma relation aux chocapics était plus qu’ambigüe.

Sans oublier le caissier qui a fait la même l’autre jour, mais lui il m’a vexé…

Je ne rentres pas dans les stéréotypes réseaux sociaux , je n’y suis jamais rentrée.

Je fais bien plus de sport que quand j’étais ado mais depuis quatre ans mes abdos se sont planqués.

 

Mais c’est moi qui ai été la première à vous sentir bouger,

Et pour rien au monde ce moment là je ne voudrai l’oublier.

Alors désolée monsieur le caissier, mais je vous emmerde,

car ma fille et mon mari me trouvent encore jolie!

Et malgré la promesse que ces kilos je vais les perdre,

ils sont mon plus beau souvenir, celui d’avoir porté la vie.

 

 

 

 

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