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Et ces étoiles qui s’amusent de nous

Publié le: 28 octobre 2018 by Marie LAUNAY

Ce jour là tu as eu peur. Et je t’ai serré fort dans mes bras. J’ai eu de la chance, j’ai réussi à te rassurer. Je ne peux m’empêcher d’y penser, j’ai eu de la chance et je t’ai serré si fort au creux de moi.

Tu sais ma fille, l’inquiétude fait partie de nous. Un émoi en alerte constante dans nos coeurs de parents. Elle est là comme une tenaille accrochée au coeur, depuis que j’ai su que tu étais parmi nous. Au creux de mes tripes. Depuis que j’ai su et peut être avant même. Elle est là comme une tenaille accrochée au coeur, lourde et blessante. Ca faisait partie du packaging « Amour Maternel ». Heureusement qu’ils n’ont pas fait de SAV sur ce genre de colis, ils auraient entendu ton père plus d’une fois et l’auraient surement blacklisté d’ailleurs …

 

Ce jour là tu as eu peur. On était feutrées ensemble devant Spirit, l’Etalon des Plaines, tu t’en rappelles? Tu étais terrifiée à l’idée qu’il puisse perdre sa liberté comme je suis terrifiée parfois que tu puisses perdre la tienne dans ce monde d’invariable folie humaine. Je t’ai serré fort dans mes bras. Si fort. Comme pour enraciner ce moment dans le temps et l’espace. Enveloppé de susurres que tout allait s’arranger.

Tu sais ma fille, il y a des mamans tout autour de nous qui n’ont pas autant de chance que moi. Il y a des mamans tout autour de nous qui ne savent plus si demain tout ira bien et qui ne savent plus comment faire pour rassurer leur enfant. Il y a des mamans tout autour de nous dont les mots s’usent à leurs oreilles tellement ils ont été dit et espérés qu’il en ont perdus de leur puissance pour en soulever le monde. Il y a des mamans qui n’ont plus l’occasion de leur susurrer une once d’apaisement. Il y a des mamans dont le coeur se fend doucement et maladroitement à chaque coup de téléphone.

Tu sais ma fille, parfois le monde est torturé. La Terre se consume littéralement sous nos pieds – quelquefois quand on ferme les yeux très fort, on le sent presque – et les étoiles se moquent probablement de nous voir lutter dans l’immensité de l’espace. On s’évertue à sauver une planète en miettes qui nous a tout offert et que nous n’avons jamais épargné. Pour les futures générations. Tandis que l’on assiste à toute une génération éteinte d’enfants échoués sur des plages. Alors oui les étoiles doivent surement beaucoup s’amuser de nos petits êtres si complexes et paradoxaux.

 

Tu sais ma fille, je ne sais pas de quoi demain sera fait. Je ne sais pas dans quel monde je t’ai permis de mettre les pieds. J’aimerais te promettre l’humanité. J’aimerais de promettre de gagner chaque bataille pour toi. J’aimerais te promettre qu’un jour les étoiles ne riront plus de nous. J’aimerais te le promettre, du plus profond de mon être. Je ne sais pas quelle montagne tu auras à soulever. Peut être toi aussi un jour tu te sentiras désarçonnée au bord de cette fatalité et tu n’auras que faire de cette condition humaine qui te semblera alors si peu de chose face à ce vide. Si loin de nos disputes quotidiennes et risibles pour te laver les dents. Si loin de ton poème de Maurice Carême que tu me récitait si parfaitement et si spontanément au cours d’une conversation dans la voiture en rentrant de l’école. Crois-moi, il y a des mamans tout autour de nous qui aimeraient revivre ces moments là. Et qui aimeraient serrer les êtres qu’elles ont mis au monde au creux d’elles mêmes pour les garder à jamais dans leur bulle protégée de cet extérieur impitoyable.

Peut être qu’un jour tes yeux clairs s’embrumeront sans que je n’y puisse quelque chose. Je ne pourrais peut être pas toujours te serrer dans mes bras ou te susurrer les mots qu’il faut. Je ne comprendrai peut être pas tout même en m’y efforçant. Tu devras faire tes propres choix. Tu entendras le destin balbutier des mots qui te paraitront aussi fort que mes bras qui te serrent . Maladie. Haine. Mort. Mais je serai là, je suis là et je me bats à tes côtés. On le fait toutes. Cette inquiétude nous fait monter le coeur à la gorge, nous fait vibrer les entrailles. Comme une énergie intérieure. Celle qui nous fait verser des larmes si facilement à votre entrée au collège. Et pourtant il y a toute une armée là dedans. Elle est prête à exploser, à hurler dès que ton regard me donnera son feu vert. Elle est plus puissante que moi. Plus puissante que nous toutes.

Spirit va retrouver sa liberté, je te le jure. Je ne sais pas de quoi demain sera fait mais je te sers fort… plus fort encore que ces étoiles qui s’amusent de nous.

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