Copie conforme

Publié le: 20 décembre 2017 by Marie LAUNAY

Récemment je suis passée du statut d’instit à celui de maman d’élève… en d’autres mots je suis passée de l’autre côté du miroir! Et je me suis replongée en arrière…
Quand la sortie de l’école semble être la copie conforme du parvis du lycée quinze ans plus tôt …

Être maman d’élève c’est tout d’abord être stressée le premier jour de la rentrée… ce sentiment de devoir montrer le meilleur de toi même, de ta famille – parce qu’avec la naissance de bébé, ça fait deux mois que tu n’es pas sortie de chez toi et que tu retrouves tout à coup un semblant de vie sociale en te jetant tout schuss devant les yeux accusateurs de toutes ces autres mères de famille … on se dévisage, on regarde qui a fait un effort vestimentaire pour ce premier jour si particulier – et qui en a trop fait, autant de talons vraiment? – , quel cartable porte ta fille- bon on n’a pas fait dans le Hello Kitty, on est plus branché Moulin Roty pour notre part – , qui est venu accompagné du mari, de la grand mère et de la tante, et qui a fait autant de gosses ?

Coucou! Me revoilà avec quinze ans de moins sur le parvis du lycée Dautet à la Rochelle en train d’esquisser un regard sur le groupe « de terminal » qui est content de se retrouver après deux mois de vacances et qui parle un peu plus fort que les autres. Puis de l’autre côté cette fille qui fume clope sur clope toujours assise sur la même place le pied appuyé contre le muret. Devant elle passe le beau gosse number 1 du bahut qui a priori connaît déjà son classement pour l’année qui arrive ! En face on a la top modèle, la fille trop belle, trop sympa, trop bien gaulée, qui rentrera toute sa vie dans du 36 (si si toute sa vie, j’en sais quelque chose elle se retrouve là devant moi aujourd’hui dans son jean mega slim alors qu’elle a accouché il y a deux mois de son troisième enfant) … On entend les premiers ragots de l’année, les premières déceptions sur les profs principaux et les anciens délégués qui savent bien qu’ils vont être à nouveau élus cette année! On attend tous sagement que quelqu’un ose tenter d’ouvrir ce portail, car on n’a pas envie « de se taper la fiche » si jamais il est encore verrouillé …
Tout à coup, derrière nous, enfin, quelqu’un nous adresse la parole: « Bonjour, alors c’est le grand jour? » et toutes les barrières et les à-prioris retombent soudainement pour laisser place à un sourire en se rassurant de pouvoir peut être aussi trouver sa place sur ce parvis…

On provoque le même type de rencontre qu’à l’époque, la maman de la petite Cassandre née le même jour que Maïa , qui a choisi pour sa fille, comme ma meilleure amie, ce joli prénom (trop de points communs pense-t’on avec exaltation!), la maman d’Hugo qui pour extérioriser son stress d’avoir laissé son fils hurler dans les bras de cette maîtresse qu’il ne connaît pas, et qui nous regarde en chuchotant: « pas facile hein… » – ahhh je sais tellement ce qu’elle ressent – aurait-elle entraperçu la larme à l’œil que j’ai eu en quittant la classe?

Et bien sûr je me plais à jouer ce jeu en laçant les Stan Smith dorées de ma fille probablement parce que c’est la mode et probablement parce que c’est de la marque, en me garant toujours à la même place comme un rituel pour permettre à la journée de bien démarrer – d’ailleurs qui a osé prendre ma place aujourd’hui? – et bien sûr arriver toujours cinq minutes en avance pour attendre dans la voiture car le portail n’est pas encore ouvert (petit clin d’œil aux petits déjeuners de l’internat) – à l’inverse on y retrouve les mêmes post-ados retardataires lors de ces sorties d’école!

On a remplacé les skates par des 4×4, notre sac à dos Eastpack par un joli sac à main en cuir, les boutons d’acné par nos premiers cheveux blancs et ces casiers cadenassés par des places de parking réduites …
Mais au fond on se retrouve dans la même situation… comme si on n’avait pas vieilli, comme si notre crise d’adolescence avait à peine commencé, comme si on avait la vie devant nous et des projets plein la tête… j’aime à penser que c’est toujours le cas, que rien n’a changé … à part peut être qu’aujourd’hui je suis une maman bien plus confiante en moi que ne l’était la lycéenne d’autrefois… c’est ça qu’on doit appeler la maturité : rester la même mais en assumant pleinement!

A moi de vous lire ! N'hésitez pas à poster un commentaire (via facebook ou directement sur le blog)

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